CONSEILS D'ANCIENS

Voici quelques conseils tirés de l'encyclopédie "TOUT en UN" ©Librairie Hachette 1921.

Il faut remettre ces principes dans leur contexte de 1921, et ne pas tout prendre au pied de la lettre. La place du cheval dans notre société à changée, tout comme nos moeurs et nos techniques.
L'ensemble de ces recommandations étant regroupé dans le chapitre "Agriculture", je pense que cela concerne principalement les chevaux de trait.

Choisir

Essayer

Utiliser

Dresser

 

Comment choisir un cheval

Chez le marchand.

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Tout d'abord, n'admettez pas qu'on vous exhibe le cheval à la française, campé sur ses quatre membres, placé sur un plan incliné, du gingembre vous savez où.
 

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Demandez que le cheval sorte nature de l'écurie - la tête libre.
 

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Ne vous mettez pas le nez dessus comme pour le regarder à la loupe, mais commencez par le voir à distance, plutôt de loin que de près.
 

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Si le cheval est dans son état normal, ni trop gras, ni trop maigre, ni trop fatigué, ni trop reposé, si son aspect général éveille une idée de puissance et d'équilibre, votre première impression est la bonne.
 

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Si elle est défavorable, faites rentrer l'animal et gardez-vous de l'essayer, car des apparences de qualités, toutes momentanées, risqueraient peut-être de vous tenter.
 

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Si le cheval vous plait, rapprochez-vous et regardez une à une toutes ses parties.
 

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Qu'il ait un homme sur le dos ou une voiture à traîner, le premier mérite d'un cheval consiste à bien se porter en avant. Le réservoir d'action d'un cheval se trouvant dans toute sa partie postérieure, appelée arrière-main, commencez par là votre examen.
 

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Pour que l'impulsion se transmette d'arrière en avant sans déperdition, les axes doivent être parallèles. Le cheval en a 4 ; les 2 hanches ; les 2 épaules. En vous plaçant derrière le cheval, les 4 membres doivent vous apparaître verticaux, parallèles deux à deux.
 

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Pour que l'impulsion soit puissante, le cheval doit être plus large du derrière que du devant, être fait en brouette, selon l'expression pittoresque du Vte de Chezelles.
 

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Votre cheval devra avoir :
 

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Les pieds plutôt larges que resserrés, les talons moyennement hauts.
 

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Les paturons moyens mais plutôt un peu courts que longs.
 

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Les boulets larges et assez éloignés du sol.
 

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Les jarrets suffisamment larges, aussi secs que possible.
 

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Les hanches développées, la pointe saillante et osseuse, de celles qu'on appelle cornues, la cuisse musclée.
 

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La queue attachée haut et bien dans le prolongement du rein, aussi horizontale que possible.
 

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Le rein court et plutôt en dos de carpe que plongeant.
 

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Les côtes formant bien le berceau, ni trop rondes, ni trop aplaties.
 

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Le flanc suffisamment haut, mais plein. Certains chevaux levrettés ou à côtes de brochet peuvent être parfaits, cependant c'est une chance à courir. Le flanc retroussé ou cordé, manquant de boyaux, comme on dit, est souvent l'indice d'un estomac peu régulier.
 

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L'épaule oblique, musclée, et aussi profonde que possible, la pointe de l'épaule sèche, le coude détaché et non noyé.
 

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Le garrot haut, osseux et bien saillant.
 

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L'encolure sèche, courte ou longue, peu importe, c'est affaire d'élégance et non de qualité, le tissu veineux très apparent.
 

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La poitrine saillante, l'avant bras large et musclé, le genou plat, large et descendu.
 

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Les canons courts, les tendons détachés formant la corde.
 

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Passez ensuite soigneusement en revue toutes les parties des membres où peuvent se développer les tares.
 

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La tête osseuse, sèche, petite ou grosse, ce n'est qu'une question de goût, les oreilles longues, signe d'espèce comme disent les Normands ; les naseaux développés, la peau des lèvres fine et soyeuse ; le front large ; l'oeil franc, décidé ; la paupière sanguine.
 

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La peau des quatre membres sèche et fine, le poil fin, les crins pas trop abondants.
 

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Quelque soit sa taille, sa robe ou sa race, un animal ainsi bâti ne sera peut-être pas au goût de tout le monde, certains pourront ne pas le trouver joli cheval, tant pis : 90 fois sur 100, ce sera un bon cheval.
 

Comment essayer un cheval


Mais comme il ne faut payer son animal que dans la mesure du développement de ses aptitudes, essayez-le à fond.
 

  1. Levez successivement les quatre pieds. Le cheval doit les donner sans impatience ni brusquerie.
     
  2. Faîtes reculer le cheval : recul aisé, signe d'équilibre.
     
  3. Voyez-le se retourner SEUL dans sa stalle : le tête à queue confirme l'équilibre.
     
  4. Voyez harnacher et mettre le cheval à la voiture.
     
  5. Conduisez le cheval vous-même, lentement au départ, allongez progressivement les allures jusqu'à leur maximum, ralentissez-les de même jusqu'à leur minimum. Montez et descendez une forte pente.
     

  6. Montez le cheval, même essai qu'à la voiture, galop et saut en plus.
     
  7. Après le maximum de vitesse, arrêtez. Observez et écoutez la respiration, flancs et naseaux, écoutez les battements du coeur derrière l'épaule gauche.
     

  8. Rencontrez un train en marche, des vélocipèdes, des voitures à bras, passez un ruisseau plein d'eau, conduisez dans une file de voitures au pas, voyez si l'animal stationne sagement ; voyez s'il tient bien le pavé ; faîtes subir au cheval un essai assez sévère et voyez s'il mange gaiement en rentrant.
     

  9. Pour plus de sûreté, - on n'est pas infaillible, - montrez l'animal à un bon vétérinaire et faites déferrer devant lui pour constater la santé du pied. Si cela vous amuse, faites peser le cheval ; de deux animaux d'apparence égale, le plus lourd est le meilleur.
     

  10. Ne consultez jamais vos amis.
     

Comment se servir d'un cheval

 
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Soins.
Ne vous mettez pas dans la tête qu'un tel animal ne se conservera qu'à force de soins, de purges périodiques, de drogues, de flanelles, de couvertures et en travaillant le moins possible.
 

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Nourriture.
Ne concevez pas une forte ration théorique que vous distribuerez envers et contre tout, mais augmentez ou diminuez l'alimentation en raison du travail futur. C'est l'acquis qui profite et non le repas du jour. Les trois quarts des accidents sont dus au repos joint à l'excès de nourriture. L'alimentation doit varier suivant le tempérament de chaque animal, mais en principe, il suffit qu'elle comprenne un mélange raisonné d'avoine, de son et de foin. La paille n'est qu'un passe-temps, souvent dangereux. Vous connaîtrez que la nourriture de votre cheval est convenable lorsque ses déjections seront à point, ni dures, ni molles.
 

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Ferrure.
Plus le pied ferré se rapproche de l'état de nature, mieux le cheval est chaussé. Le cheval nu-pied use normalement sa corne sur un sol varié mais naturel. On doit donc préférer soit la ferrure dite en demi-lune, qui ne touche ni la fourchette, ni le talon et permet le développement égal du pied dans toutes ses parties, soit encore la ferrure à la Charlier.
On connaît que les deux côtés du pied se développent également en voyant si une ligne partant de la pince et passant par le milieu de la fourchette divise le pied en deux parties égales.
C'est le développement anormal d'un côté au détriment de l'autre qui, le plus souvent, détermine les tares, les chutes, les boiteries, etc. La ferrure rationnelle est celle qui conserve l'intégrité des talons et de la fourchette en gardant à ces parties du sabot leur élasticité.
 

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Travail.
Faire travailler tous les jours, régler les allures en tenant compte du degré de santé de l'animal, de l'état de la température, du poids à porter ou à traîner, de la durée et de la rigueur du travail, c'est, comme il convient, se servir d'un cheval avec discrétion. Ainsi employé, votre serviteur entretien ses qualités et enterrera les chevaux les plus dorlotés du monde.
 

Le dressage du cheval


Nous n'avons parlé jusqu'ici que du cheval dressé. Il est impossible en quelques lignes de présenter sur le dressage une suite d'observations assez complètes pour être utiles. Nous nous bornerons à résumer quelques conseils généraux sur la façon d'atteler un jeune cheval.

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Quand un cheval est ce que l'on appelle vert, c'est-à-dire excessivement vigoureux, par jeunesse, repos prolongé, etc., commencez par lui faire dépenser son trop plein d'activité en le travaillant en cercle à la longe, ou, si vous disposez d'un endroit clos, suffisamment resserré, faites trotter et galoper le cheval en liberté jusqu'à ce qu'il ait poussé une bonne suée et qu'il vous paraisse assagi. Dans cet état, il sera mieux disposé à comprendre ce que vous aurez à lui dire et il sera plus attentif à l'enseignement que vous avez à lui donner.
 

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Si votre cheval n'a jamais été attelé, commencez par le retourner tête à queue dans sa stalle et ajustez-lui sur le corps toutes les parties du harnais. Ajuster, c'est régler de façon que rien ne serre ni ne ballotte.
Mettez-lui dans la bouche un mors léger et un filet d'enrênement . Enrênez à peine.
Prolongez plus ou moins cette première séance suivant le degré de patience ou d'impressionnabilité de votre cheval. Renouvelez la leçon et allongez-la plusieurs jours de suite jusqu'au calme complet.
 

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Remplacez alors le mors par un fort filet de cuir ou de caoutchouc. Supprimez l'enrênement, qui n'a eu pour but, ainsi que le mors, que d'habituer le cheval : 1° à sentir du fer dans la bouche ; 2° à descendre l'encolure en cédant à la légère résistance de l'enrênement.
Placez sous la bride un caveçon léger et faites sortir le cheval tout harnaché - passez dans l'anneau de chaque côté du caveçon une longe que vous ferez prendre chacune par un homme qui se tiendra l'un à hauteur de l'épaule gauche, l'autre de l'épaule droite. - Leur rôle sera passif et se bornera à contenir le cheval s'il se jette de côté.
Remplacez les traits par deux cordes, grosses comme le pouce, longues de 5 à 6 mètres, et placez un homme vigoureux à chaque bout.
Prenez vos guides et votre fouet et placez vous entre les cordes comme les enfants qui jouent au cheval.
Ce dispositif une fois pris, encouragez votre cheval de la voix, sans lui faire sentir aucune action de vos rênes, mettez en même temps vos quatre hommes en marche tout doucement, sans traction ni sur les longes, ni sur les cordes, et votre cheval aura fait son premier pas en avant. C'est déjà une grande affaire.
Arrêtez au bout de quelques instants et recommencez ces départs et ces arrêts jusqu'à parfaite obéissance - en ayant soin, à chaque fois, de faire tendre davantage des cordes-traits jusqu'à ce que le cheval parte franchement de pied ferme , les traits tendus, les hommes opposant le plus de résistance possible.
 

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Votre cheval sait dès lors ce que c'est que tirer au pas. Habituez-le alors à augmenter cette allure et à la ralentir et faites-lui exécuter des changements de direction.
Ces résultats obtenus, recommencez la même progression en travaillant au trot - et rappelez-vous qu'en dressage, vous avez dépassé la mesure d'exigence profitable dès que le cheval sue.
 

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 Tout cela obtenu, vous pourrez atteler votre cheval à une voiture légère à 2 roues sans vous exposer à broyer du premier coup homme, voiture et animal.
Continuez dans le travail la marche indiquée précédemment et habituez progressivement votre cheval à prendre un point d'appui élastique sur la main.
Faites-lui faire successivement les diverses rencontres de tout ce qui pourra épouvanter son ignorance de toutes choses, ne lui enseignez jamais qu'une chose à la fois, triomphez de toutes ses résistances en vous armant d'une patience d'ange et ne perdez jamais de vue la belle maxime d'un maître :
"La colère comme la peur doivent être inconnues à l'homme de cheval." 

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