78338. Pierre DE COURTENAY-FERTE.
Seigneur de la Ferté-Loupière, de Chevillon, de Frauville, de Bontin, du Mattroy, de Prenay, de la Ville-au-Tartre, & d'Yville sur Seine, troisième fils de Jean de Courtenay I. du nom, seigneur de Bléneau, & de Catherine de l'Hôpital ; eut pour sa part de la succession de son père les seigneuries de la Ferté-Loupière, de Chevillon & de Prenay, le 9. octobre 1461. Pierre Ier à la mort de son père (1461) fut seigneur de La Ferté-Loupière, de Chevillon, de Bontin (Sommecaise), etc. Il a inscrit ses armes : au lambel de trois pendants d'azur, et celles de sa femme, Perrine de la Roche : d'argent à trois pals, de gueules, sur les verrières de l'église saint Germain de La Ferté. A la mort de Pierre Ier, en 1504, il y eut un partage complet de tous ses biens entre ses nombreux enfants :
· Hector eut une partie de La Ferté-Loupière ;
· Jean obtint Chevillon où il fonda la branche de Courtenay-Chevillon ;
· Louis reçut les terres de Sommecaise, des Ormes et de Bontin qui formèrent, sous le nom de Bontin, une seigneurie où il fonda la branche des CourtenayBontin ;
· Pierre eut une seigneurie dite du Martroy, où il y avait un manoir
· Edme, les possessions de Villiers-sur-Tholon et de Brion, avec les fiefs de l'Enfernat, des Fourneaux et de Frauville.
Aux deux filles,
· Edmée et Blanche, furent assignées les maisons, grange et jardin d'Enbas de la Ferté pour la première, et la forge avec le fourneau à fer pour la seconde.Déposition de Pierre de Courtenay, seigneur de la Ferté-Loupière.
Tirée d'une enquête sur la jouissance des dîmes de la paroisse de Sepeaux, dressée, à la requête des chapelains de Saint-Thomas de Sens, contre le curé de ce village, en 1494."Noble homme Pierre de Courtenay, écuyer, seigneur de la Ferté-Loupière, âgé de soixante trois ans, l'un des membres de cette famille puissante issue du sang des rois de France, et dont les châteaux couvraient le sol du Gâtinais, a entendu dire à feu son père Jean de Courtenay, seigneur de Bléneau, et à d'autres, que les guerres commencèrent après la mort du duc d'Orléans, et qu'elles durèrent plus de cinquante ans. Le village de la Ferté fut, à cause des guerres, complètement dévasté et abandonné pendant plus de quarante ans. Les lieux de Sepeaux, de Précy, de Chevillon, de Sommecaise et beaucoup d'autres éprouvèrent le même sort, ainsi que tout le Gâtinais et le comté de Joigny.
Lorsqu'il revint pour la première fois à Bléneau, à la mort de son père, en 1461, il put voir de ses yeux ce misérable état de choses, et à la Ferté, notamment, il n'y avait que huit ménages (540 habitants en 1860).
Dans son jeune âge, lorsqu'il habitait Bléneau (vers 1440), il n'y avait point de sécurité dans les campagnes. Les habitants de Bléneau étaient alors retirés dans le château, et il ne demeurait dans le village que les meuniers. Les laboureurs n'osaient pas aller à leur travail, et pour leur sûreté on avait placé un veilleur au point le plus élevé du château appelé la guette, lequel, lorsqu'il apercevait des gendarmes, sonnait le tocsin, et les laboureurs s'enfuyaient promptement dans la forêt ou en d'autres lieux, pour éviter d'être rançonnés par les routiers ou les Armagnacs. Lorsqu'il servait comme homme d'armes sous le capitaine Floquet, on résolut de débarrasser le royaume des pillards et mauvais garçons appelés les routiers. Floquet et d'autres capitaines du roi Charles VII les menèrent à l'expédition d'Allemagne et au siège de Nancy, après qu'on eût créé les compagnies d'ordonnance des gendarmes royaux, et que le reste des bandes eût été renvoyé de l'armée.
Après la paix d'Arras, les Anglais qui avaient quitté le Sénonais, le Gâtinais et le comté de Joigny, demeurèrent cependant encore longtemps en France, mais en Normandie et dans le Maine. Pierre de Courtenay se rappelle encore qu'étant âgé de quatorze ans et habitant le Berry, il a vu des gens d'armes marcher par ordre du roi pour assiéger le Mans. Il se rappelle que les Anglais furent battus à la bataille de Formigny, livrée le 15 août 1450, et qu'ensuite eut lieu la conquête de la Normandie et le siège de Rouen, etc."Épisodes de l'histoire du XVe siècle aux pays Sénonais et Gâtinais et au comté de Joigny tirés des archives du département de l'Yonne par M. Quantin, vice-président honoraire de la société des sciences de l'Yonne.
77828. Jean Barthélémy PREVOST.
Écuyer, seigneur du Bois, Chamoreau, la Motte de Bannes et la Maisonfort de Beauchamps a été avocat du Roi au baillage de Montargis. Il parait le 10 septembre 1531 au nombre des notables de Montargis cités comme ayant assisté à cette date à la codification des coutumes de Lorris. Cité dans la monstre du ban et arrière ban du baillage de Sens faicte suyvant les lectres patentes du Roy données à Chasteaudun le xiiie jour de may l'an de grace mil cinq cens quarante cinq pour ce qu'il tient de fief des Forges assiz en la Celle en Ormoy. Ledit Prévost a faict remonstrer qu'il est advocat du Roy au baillage de Montargis et que à cause de son estat il assiste aux monstres du ban et arrière ban du baillage de Montargis et est formellement empesché, par quoy il doibt estre declaré exempt. Surquoy le procureur du Roy et le conseil a esté déclare exempt à cause de sondit office.